La droite gersoise en quête de leader


Après le score décevant pour la droite aux Régionales, le président de LR 32 Gérard Dubrac est la cible de nombreuses critiques dans son camp. La course au leadership est lancée.

«Quand on finit troisième des élections, la moindre des choses c'est de se retirer. Dominique Reynié a perdu, une remise en question doit se faire. A sa place, c'est ce que j'aurais fait, j'appelle cela de l'éthique politique et c'est ce qui manque quand on subit un tel revers.» L'attaque cinglante, signée Michel Gabas, vise aussi Gérard Dubrac, qui conduisait la liste Reynié dans le Gers. «Au niveau départemental, nous étions nombreux à croire que Gérard Dubrac ne parviendrait pas à rassembler», assène le maire d'Eauze et conseiller départemental de Baïse Armagnac. Alors que les élections internes se profilent au parti Les Républicains (elles auront lieu les 30 et 31 janvier dans les fédérations départementales), beaucoup à droite posent la question qui fâche : «Gérard Dubrac est-il encore légitime ?». On connaît la réponse de Michel Gabas... le premier d'ailleurs à sortir du bois et à partir à la chasse aux parrainages des militants pour briguer la présidence de l'UMP 32.

La Vicoise Barbaro Neto, qui représente à 25 ans la nouvelle génération de la droite gersoise, répond elle aussi sans détours : «En tant que président des Républicains et tête de liste du département, il faut que M. Dubrac tire des conclusions de ce scrutin et en assume les responsabilités.» Christophe Azanza, pour le Modem, est plus sévère encore avec Gérard Dubrac : «L'erreur de casting a été fatale. Il est même battu dans sa propre ville. Il est totalement disqualifié pour l'avenir».

Xavier Ballenghien, président de la nouvelle association «Unis pour le Gers» ne cite pas Gérard Dubrac mais le message lui est bien adressé : «Les vaincus plus encore que les autres doivent se remettre en causer et oublier le stratégies individuelles qui chaque fois conduisent à des défaites plus grandes encore».

A distance, Gérard Dubrac, qui s'attendait à cette salve dès dimanche soir, répond : «L'analyse à charge contre moi de la part de personnes qui ont oublié de faire campagne est complètement déplacée. Ce sont ces gens qui n'ont pas fait campagne qui portent l'entière responsabilité d'un résultat qui aurait pu être meilleur. Quant au positionnement anti-Dubrac de M. Gabas, il est purement personnel».Le résultat de la droite (N.D.L.R. : 23,45 %) dans le Gers ? «Il n'est pas bon, mais il n'est pas catastrophique non plus, considère le maire de Condom. Notre score est supérieur à la moyenne régionale. Sur les 13 départements de la grande région, on en a 5 mieux placés que nous et 7 moins bien placés.»

Frairet : «Je pense surtout que le verre est cassé»

Alors, le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ? «Je pense surtout que le verre est cassé», tacle Robert Frairet. En cette période de gros temps pour la droite gersoise, on pensait que l'élu du Fezensac aurait la carrure pour ramener le bateau «Les Républicains» dans des eaux plus calmes. Mais il refuse le rôle avec cette boutade : «La grippe aviaire, elle n'est pas dans les élevages de canards, elle est chez nous.» S'agissant des élections internes à l'UMP, Robert Frairet est clair : «Je n'arbitrerai aucune candidature ni aucune compétition dans la candidature. Dans un département comme le nôtre où il y a une telle déliquescence de la crédibilité politique, il devrait y avoir une candidature unique.» Pas sûr que le vœu du maire de Caillavet soit exaucé. Et que va faire Gérard Dubrac ? Il ne dit rien encore de ses intentions. «Plus il y aura de candidats, mieux ça vaudra. Je souhaite que notre famille politique sorte renforcée de ce vote interne.» Et le patron contesté de la droite gersoise de se faire philosophe : «J'ai succédé à des gens et d'autres me succéderont et je m'en réjouis. Mais j'ai encore envie de vivre en politique.»

#XavierBallenghien #MichelGabas

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