Grippe aviaire : Les conseillers départementaux dans le vif du sujet !


Ecouter pour comprendre, comprendre pour apporter des solutions aux problèmes qui se posent aujourd’hui à la filière « canards gras » dont certains élevages ont été infestés par le virus de la grippe aviaire. Vendredi dernier MmeValérie Manissol et M. Xavier Ballenghien, conseillers départementaux, sont allés sur le terrain à la rencontre d’un éleveur M. Jérôme Labat à Marsolan et d’un gaveur- producteur la famille Laffont de « Les saveurs du Moulin » à Sainte Mère.

L’élevage du canard tel que le pratique M. Labat est un élevage de plein air. Il reçoit environ 1000 canetons de un jour toutes les trois semaines, pour une production en continu dix mois sur douze. Pendant 4 semaines les canetons sont élevés dans un bâtiment fermé, le temps qu’ils mettent la plume et qu’ils soient assez dégourdis pour ne pas être la cible facile des buses tueuses et dévoreuses. Passé ce délai, le temps est venu pour le canard de goûter à une semi-liberté dans les prairies. Il vit le jour en plein air, la nuit dans les hangars. Mais pas question qu’il aille barboter dans la mare, c’est interdit par les directives ! Interdit aussi de manger les grains produits sur la ferme, ils devraient être homologués! Sous la surveillance de l’éleveur qui gère sa bonne alimentation et qui vérifie sa bonne santé, le canard se développe au mieux et est préparé à la phase d’engraissement. Les clients, eux, achètent un canard âgé de 12 à 14 semaines, prêt à gaver. La colombine produite par les volailles est épandue pour l’amendement des terres de l’exploitation.

Le gavage et la conserverie.

Pour l’exploitation agricole « Les saveurs du moulins », le gavage est un atelier conduit 6 mois sur douze uniquement.

La famille Laffont reçoit les canards prêts à gaver. Il faut bien souligner que le canard a une aptitude naturelle à se suralimenter, à stocker des graisses dans le foie pour se constituer des réserves énergétiques indispensables à la migration. La centaine de canards reçue est parquée dans des locaux sains et bien ventilés, regroupés dans des parcs collectifs. Depuis le 1er janvier 2016 en effet, les normes européennes interdisent les cages individuelles. Le gavage est de courte durée 10 à 14 jours selon les souches de canards utilisées et grâce aux progrès de la technique de gavage. L’« embucquage »ne dure que quelques secondes, il est déposé 2 fois par jour dans le jabot du canard de 200 à 400g d’un mélange de maïs et d’eau. L’éleveur fait tout pour maintenir le canard en bonne santé et veille à son état sanitaire. Mortalité veut dire perte économique…

Quand le canard est gavé, il est transformé à la ferme. Laboratoire, salle de découpe, chambre froide…. tout est aux normes. Puis c’est la mise en boîtes ou en bocaux et la stérilisation. Mme Laffont commercialise sur place sa production.

Les inquiétudes et problèmes qui se posent avec la grippe aviaire

Personne ne nie la présence des virus de la grippe aviaire dans le sud-ouest de la France et les solutions de gestion de cette crise mises en place par l’administration de l’Etat, en discussion avec la filière, sont un moindre mal par rapport à ce qui s’est passé dans d’autres pays européens.

Il n’en reste pas moins que, pour les acteurs de cette filière, il y aura en 2016 une perte sèche d’exploitation. Difficilement supportable car les investissements récents et improductifs exigés pour les mises aux normes successives pèsent sur les trésoreries. C’est donc la première nécessité : exiger des banques une pause dans le remboursement des emprunts, une année blanche qui permettra de ne pas faire couler les exploitations agricoles fragilisées par cette crise.

La deuxième crainte des éleveurs et des gaveurs, c’est la concurrence des autres régions européennes. La nature a horreur du vide. Cet été, les magrets frais qui seront servis aux touristes sur les tables gersoises viendront d’autres départements, d’autres régions voire d’autres pays. Comment le marché réagira-t-il à ces nouveaux approvisionnements ? Les mauvaises habitudes sont vite prises et risquent d’être tenaces. Il faudra l’effort de tous, état, région et département pour relancer la filière gersoise.

La troisième crainte enfin, c’est l’après crise. Les nouvelles normes que les services de l’état ne manqueront pas d’imposer permettront-elles aux petits exploitants agricoles de reprendre leur activité ? Ces nouvelles contraintes qui pèseront sans doute sur les élevages ne provoqueront-elles pas une concentration de la filière? Il est très décourageant pour un exploitant agricole de se voir imposer des mesures qui sont dénuées de bon sens paysan !

Les solutions qui peuvent être apportées

Comment éradiquer ce virus? Bien sur les élevages gersois répertoriés sont sous contrôle. Mais la faune sauvage et les poulaillers de basse-cour sont beaucoup plus difficiles à maîtriser….

Alors il faut raison garder, et surtout user de bon sens. Car le gavage du canard et de l’oie, c’est plus qu’une image. C’est une identité gersoise. « Nous en appelons donc à une prise en compte de tous les acteurs dans les négociations actuellement en cours » déclare Mme Manissol. Et Xavier Ballenghien d’ajouter « Les mesures d’après crise doivent être accompagnées financièrement bien sûr, mais surtout réfléchies pour les petits éleveurs et avec les petits éleveurs. Il ne serait pas concevable d’appliquer aux petits élevages les mesures mises en place avec l’agro-industrie ». Ces nouvelles mesures, les acteurs de la filière les attendent avec anxiété.

#XavierBallenghien #ValérieManissol

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